Journée d’Etude en Ethologie 1er février 2009

Février 2009 – Journée d’Etude en Ethologie « L’âne, son fonctionnement en biologie du comportement »

Organisation Association KERY’ÂNE en lien avec MEDI’ÂNE

Intervention Jean-Claude BARREY (1932-2016) Enseignant chercheur en biologie du comportement, Jean-Claude BARREY a été responsable du centre pluridisciplinaire des Metz à St Sauveur en Puisaye dans l’Yonne où il coordonnait plus spécifiquement l’unité en Éthologie humaine et animale. Il est intervenu de nombreuses années sur des formations en médiation équine et notamment au sein de la FENTAC, Fédération Nationale de Thérapies Avec le Cheval. Chercheur et praticien insatiable dans le domaine de la biologie du comportement, il est l’auteur de très nombreux ouvrages et communications scientifiques. Il a co-écrit « Ethologie et écologie équines – Etude des relations des chevaux entre eux, avec leur milieu et avec l’homme ». Ses recherches en éthologie humaine apportent un regard particulier sur l’évolution du monde, il a participé à l’écriture de «2100, Récit du prochain siècle», «Prospective des déséquilibres mondiaux», «Vers des civilisations mondialisées» et «Culture des résultats ou culture des moyens».

Thématiques – Conférence

  • Des ancêtres du Paléothérium aux équidés et à l’âne.
  • De l’âne sauvage à l’âne domestique.
  • Le « monde propre » de l’âne, environnement.
  • Vie sociale de l’âne. Animal de compagnie, tondeuse de haies et de pelouses ?
  • Animal de bât, de monte, d’attelage ?

Pratique – Contact de terrain avec le troupeau de KERY’ANE

Une bonne quarantaine de personnes ont participé à cette journée d’étude en éthologie asine au sein de l’association KERYANE en lien d’organisation avec MEDI’ÂNE. Des âniers, des personnes regroupées en association autour de leur passion pour l’âne ou encore des novices futurs acquéreurs d’ânes étaient venus entendre parler des longues oreilles sous le regard scientifique de l’éthologie.
Cette première étape éthologique, nous a conduits aux origines des mammifères et de la domestication des équidés. Nous avons abordé tour à tour la physiologie, la morphologie de l’âne mais aussi ses besoins, son comportement, ses compétences et les principaux traits de son caractère pour éclairer son histoire de compagnonnage avec l’homme. Le caractère autocentré de l’âne questionna la quarantaine de professionnels du monde de l’âne présents, dont l’expérience mène à constater l’installation de liens relationnels forts entre certains ânes. L’aspect individualiste chez l’âne dans les liens s’établissant avec l’humain, souleva également de nombreuses réactions de la part de tous ceux qui vivent un travail d’alliance avec l’âne. Comment pouvoir entendre que l’âne n’agit que dans un intérêt tourner vers ses besoins propres ?

A y regarder de plus près, nos expériences de randonnées ne nous donnent-elles pas l’occasion de percevoir que l’âne garde un self-control sur la situation. Un âne peut passer un pont puis un autre et refusera le passage d’un troisième, car chaque pont est unique et nécessite une « réflexion » d’âne et ce, au-delà de la dynamique d’autres congénères plus téméraires. Un âne en toute alliance avec nous, suivra avec ardeur le sentier escarpé que nous empruntons mais il l’appréhendera à sa manière et en toute sécurité pour lui-même. Dans la région du Miranda au Portugal et dans d’autres terroirs, nous pouvons remarquer, bien souvent, la présence d’un seul âne par foyer. Il semble que l’homme ait pu privilégier cette condition auprès de l’âne par observations de son comportement et de son mode de vie à l’état naturel. L’homme a moins investi l’aspect «groupe d’ânes», excepté pour certaines situations de transport de marchandises, par exemple.
Nous avons aussi pris en considération que la domestication génère chez l’animal des dépendances liées aux contraintes d’un espace de vie défini par l’humain. L’animal domestique ne pourra subvenir pleinement et en toute autonomie à ses besoins propres. Il ne pourra y répondre que de manière partielle. L’attrait de l’animal domestique vers l’humain, les liens qu’il y investit, sont empreints notamment d’un intérêt centré sur lui-même face à la satisfaction de certains de ses besoins.
Au-delà de ce bousculant changement de point de vue, de l’âne grégaire mais particulièrement autocentré (données liées à son comportement en milieu naturel et non contraint) nombreux points d’interventions apportés par le regard scientifique de Jean-Claude BARREY, ont confirmé certains aspects chez l’âne : sa territorialité, sa grande capacité de mémorisation et d’adaptation par le mouvement et le sensoriel, ses qualités motrices l’amenant à une précision de déplacement en milieu accidenté et surtout ses décisions comportementales liées aux émotions et à l’affectivité.